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Réglementation6 min de lecture

Aides à la conduite obligatoires : ce que le règlement européen impose vraiment

Depuis juillet 2024, toutes les voitures neuves vendues dans l'Union européenne embarquent un socle d'aides à la conduite, et une deuxième vague s'applique depuis juillet 2026. Le calendrier exact, la liste des équipements, et ce que le texte ne dit pas.

Vue aérienne d'une autoroute à deux fois deux voies, véhicules en mouvement et bas-côtés herbeux.

Si vous avez acheté une voiture neuve récemment, vous avez peut-être été surpris par le nombre d'alertes qu'elle émet. Ce n'est pas une lubie du constructeur : c'est l'application d'un règlement européen. Voici ce qu'il impose exactement, avec les dates justes — beaucoup de sites se trompent sur ce point.

Le texte, en une phrase

Il s'agit du règlement (UE) 2019/2144, adopté le 27 novembre 2019, souvent appelé « GSR2 » dans la profession. Il définit les exigences de sécurité que doit respecter un véhicule pour être homologué et vendu neuf dans l'Union européenne.

Le mot important est homologué. Nous y revenons plus bas, car c'est la source de la plupart des malentendus.

Le calendrier : 2022, 2024, 2026

Trois dates, à ne pas confondre.

  • 6 juillet 2022 — les exigences s'appliquent aux nouveaux types de véhicules, c'est-à-dire aux modèles homologués à partir de cette date.
  • 7 juillet 2024 — elles s'appliquent à tous les véhicules neufs vendus dans l'Union, y compris les modèles conçus avant.
  • 7 juillet 2026 — deuxième vague : le freinage d'urgence doit désormais détecter les piétons et les cyclistes, et une alerte avancée de distraction du conducteur devient exigée sur toutes les voitures et utilitaires neufs.

La Commission européenne indique que le déploiement complet s'échelonne jusqu'en janvier 2029, les exigences techniquement les plus lourdes ayant bénéficié d'un délai supplémentaire.

Vous lirez parfois « 1er juillet 2024 » : c'est inexact. Le texte et les communications de la Commission disent bien 7 juillet.

Ce que votre voiture neuve embarque

Le règlement distingue les équipements exigés sur tous les véhicules à moteur de ceux propres aux voitures et utilitaires légers.

Pour tous les véhicules :

  • l'adaptation intelligente de la vitesse, qui lit les panneaux et vous signale un dépassement ;
  • la facilitation de l'installation d'un éthylomètre antidémarrage ;
  • l'avertisseur de somnolence et de perte d'attention ;
  • l'avertisseur avancé de distraction ;
  • le signal d'arrêt d'urgence ;
  • la détection des obstacles en marche arrière ;
  • l'enregistreur de données d'événement, la « boîte noire ».

Pour les voitures et utilitaires légers, s'y ajoutent le freinage d'urgence avancé et le système d'urgence de maintien de la trajectoire.

Un mot sur les chiffres : selon ce qu'elles comptent, les sources parlent de sept, d'une douzaine ou d'une trentaine de systèmes. Mieux vaut se référer à la liste du règlement qu'à un chiffre rond.

Peut-on les désactiver ?

Oui, et le texte le prévoit explicitement. Le conducteur peut couper le freinage d'urgence ou le maintien de trajectoire, un seul à la fois et par une séquence d'actions volontaire. L'adaptation intelligente de la vitesse peut également être éteinte.

Mais tous ces systèmes se réactivent à chaque démarrage. C'est voulu : le règlement suppose qu'un conducteur puisse les neutraliser ponctuellement, pas définitivement.

Ce que le règlement ne dit pas

Trois malentendus fréquents méritent d'être levés.

Il n'y a pas de rétroactivité. Le règlement porte sur les véhicules neufs. Rien n'oblige à équiper les véhicules déjà en circulation : votre voiture de 2015 n'a pas à recevoir un freinage d'urgence.

Il ne transforme pas la voiture en véhicule autonome. Euro NCAP, qui évalue ces systèmes depuis 2018, insiste sur le terme : ce sont des aides. Le conducteur reste responsable, y compris avec un assistant de conduite sur autoroute. Le rapport du Conseil national de la sécurité routière va dans le même sens et souligne même les risques nouveaux créés par l'usage de ces aides — faux sentiment de sécurité, surcharge d'informations — d'où l'enjeu de former les conducteurs à s'en servir.

Il ne parle pas du calibrage après réparation. C'est le point qui nous concerne le plus directement. Les articles du règlement consacrés à ces équipements fixent des exigences d'homologation ; ils ne traitent pas des interventions en atelier. Quand vous lisez que « le GSR2 impose de recalibrer les ADAS », c'est un raccourci : ce sont les constructeurs qui le prescrivent dans leurs procédures de réparation.

Ce que ça change pour les ateliers

La conséquence est arithmétique. Chaque année, le parc français se renouvelle avec des véhicules qui embarquent tous ce socle d'équipements. Chaque pare-brise remplacé, chaque bouclier déposé, chaque géométrie reprise sur l'un de ces véhicules appelle un calibrage.

La SRA, l'organisme technique des assureurs, relevait d'ailleurs un effet collatéral de ces exigences : certains modèles ont été retirés du marché européen faute de pouvoir s'y conformer.

Pour un garage, un carrossier ou un vitrier, la question n'est donc plus de savoir si le calibrage fait partie du métier, mais comment l'intégrer : en s'équipant, ou en le sous-traitant à un atelier qui l'est.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois dates : 6 juillet 2022 pour les nouveaux types, 7 juillet 2024 pour tous les véhicules neufs, 7 juillet 2026 pour la deuxième vague.
  • Le règlement porte sur l'homologation des véhicules neufs, sans rétroactivité.
  • Les systèmes sont désactivables ponctuellement, mais se réactivent au démarrage.
  • Le conducteur reste responsable : ce sont des aides, pas une conduite autonome.
  • Le texte n'impose pas le calibrage après réparation ; les constructeurs, si.

Sources

  1. [1]Règlement (UE) 2019/2144 relatif à la réception par type des véhicules à moteur en ce qui concerne leur sécurité générale — EUR-Lex, Union européenne (27 novembre 2019)
  2. [2]New safety features required in all new cars from 7 July 2024 — Commission européenne (DG GROW) (5 juillet 2024)
  3. [3]Safer cars, safer roads: New rules take effect — Commission européenne (8 juillet 2026)
  4. [4]ADAS : nouvelles obligations — SRA (Sécurité et Réparation Automobiles) (13 juillet 2024)
  5. [5]Aides à la conduite (rapport du Comité des experts du CNSR) — Conseil national de la sécurité routière (séance plénière du 15 décembre 2023)
  6. [6]Assisted Driving gradings — Euro NCAP

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